dimanche 25 janvier 2009

Une série de bons plans

Comme j'ai passé ces derniers jours à travailler, je n'ai pas grand chose à raconter sur la ville. Mais voici quelques bonnes adresses que j'ai expérimentées et qui sont chouettes.

  • Uniqlo : Pour ceux qui connaissent, oubliez la miteuse boutique du centre commercial de la Défense à Paris. Le vrai Uniqlo, il est à NY et n'a rien à voir, ils n'ont même pas les mêmes produits qu'en France. Bon, en fait le vrai de vrai Uniqlo est au Japon, c'est la maison mère. Mais celui de NY vaut le détour. Alors, qu'est ce que c'est? Très simple: une boutique de fringues grande comme la tour de Donald Trump (non, un peu moins grande en fait) avec des rayons de cachemires à perte de vue. Le tout bien coupé, dans toutes les couleurs de l'arc en ciel et d'autres aussi, pas hors de prix. On trouve aussi des t shirts dans un coton bien solide, de olies jupes, des jeans, des pantalons. C'est comme si H&M s'était payé un bon styliste et avait fusionné avec Eric Bompard. La boutique est au 546 Broadway, dans Soho, entre Spring St et Prince St.
  • Katz Deli : Une delicatessen mythique : la preuve, le patron est en photo partout sur les murs avec des stars pas du tout ringardes genre le papa dans "La fête à la maison" (non, il est hype, je vous jure). Sur un espace de 200 m2, des tables, des saucisson, du pastrami, des sandwichs qui nourriraient la moitié de l'Afrique, des cheesecakes à tous les goûts. Les prix ne sont pas donnés (par rapport aux autres delis), mais on paie l'endroit et les quantités, qui sont vraiment astronomiques. Pour des estomacs normaux, si vous y allez pour gouter le cheesecake, vous pouvez vous contenter d'une chicken noodle soup avant. Si vous voulez tester le sandwich, sachez qu'il peut être accompagné de frites, et elles sont tellement grosses qu'ils utilisent à mon avis une pomme de terre par frite. Adresse: 205 East Houston St.

  • M. Shanghai Bistrot : Dans Williamsbourg, un quartier branchouille et très sympa de Brooklyn, on trouve ce petit bistrot asiatique, qui serait un mélange entre Mr Wuong à Berlin (oui, c'est juste pour dire que je suis déjà allée à Berlin que j'utilise cette référence) et le Paris Hanoi à Paris. On a envie de tout sur la carte, les plats, les pho, les salades. On peut manger sur des grandes tables ou bien sur le bar en bois laqué rouge. Plats autour de 10 - 12$. Adresse : 129 Havemayer St

jeudi 22 janvier 2009

10ème jour : le Mali pendant la prohibition

Après une journée à vadrouiller à Harlem à la recherche de seniors au travail pour un article ("Bonjour, nous sommes journalistes français, on fait un article sur le système de retraite aux Etats Unis et le fait que ça ne marche pas trop. Je vois que vous servez des hamburgers alors que vous avez l'air vieille, on peut en parler?" C'est très simple de sortir cette phrase dans laquelle on dit à la fois à une personne "votre job est pas marrant" et "on voit tout de suite que vous avez l'âge d'être à la retraite". Heureusement, les Américains ne sont pas susceptibles, sauf ceux originaires de Corse), donc, après une journée à Harlem, nous sommes allés avec Esme voir un concert absolument génial.
Elle fait son mémoire sur la musique malienne, est un groupe de grands musiciens originaires du Mali jouait hier dans le "55 bar", un vieux petit bar près de Washington Square qui existait déjà pendant la prohibition et ne servait pas que du jus d'orange, ou alors mélangé avec du rhum. Ils étaient accompagnés par Leni Stern, une guitariste d'origine allemande assez connue ici. Elle voyage beaucoup, notamment en Afrique, vient d'enregistrer un album avec Salif Keita (mais si, vous le connaissez, il est Malien et albinos, c'est une star), a un peu la même voix que Marianne Faithfull dans les aigus. Bref, l'ensemble était vraiment superbe, et l'endroit aussi.



Photo : Thibault Dupont

mercredi 21 janvier 2009

Obama! Obama! Obama!

Alors voila, hier j'ai pris le cafe avec Barack Obama, j'ai dejeune avec lui, on a pris le the, on a dine ensemble, bref, il etait la partout, tout le temps. Et c'etait super. Pour resumer l'ambiance, voila l'article que l'on a vendu a Nord Eclair. On a passe la matinee a Harlem, tres emouvant... Pour plus de photos, allez voir l'autre blog : http://shootstheapple.blogspot.com

INVESTITURE

Washington parle, Harlem vibre

Sur cette place, 2000 personnes étaient rassemblées, mais les lieux de fête à Harlem étaient multiples. Sur cette place, 2000 personnes étaient rassemblées, mais les lieux de fête à Harlem étaient multiples.

Hier matin, les yeux du monde étaient rivés vers Washington. Ceux des habitants de Harlem, le quartier noir de New York, pleuraient de joie pour leur nouveau président.


ZOÉ DE BUSSIERRE ET THIBAULT DUPONT, À NEW YORK > france.monde@nordeclair.fr

Un grand soleil, il fait 29°... Fahrenheit, soit - 1°C. Mais les New-Yorkais sont plus de 2 000 à s'être réunis sur cette petite place à Harlem. L'endroit est symbolique : à côté de l'écran géant qui retransmet la cérémonie d'investiture à Washington, se dresse la statue d'Adam Clayton Powell Jr, le premier Afro-Américain à devenir un membre influent du Congrès. Un autre exemple pour la communauté afro-américaine, majoritaire dans ce quartier de la Grosse Pomme. À quelques rues d'ici, l'avenue Martin Luther King, dont le peuple américain célébrait la mémoire lundi.

Les personnes les plus proches de l'écran sont arrivées vers 7 h 30 du matin... Ils attendent donc depuis plus de trois heures. Pour Lisa, qui vit à quelques blocs de là, c'était une évidence de passer la journée dans son quartier. Ses deux enfants, Malik (12 ans) et Nadiyah (9 ans), sont là aussi. Et l'école ? « Oh, c'est bien plus important de fêter ce jour historique avec les siens », assure la mère. « Et puis, de toute façon, à l'école, ils regardent tous la cérémonie à la télé, alors je ne rate rien ! » s'amuse Malik en soufflant sur ses doigts. Il ne les sent même plus à cause du froid. Il est interrompu par une clameur à l'unisson : sur l'écran, Michelle et Barack Obama font leur entrée dans l'église Saint-John à Washington, et Harlem hurle sa joie.



Un bébé Obama
Plus à l'écart, Tania caresse le bout du nez de son fils, Elai, 6 mois. Elle est professeur de droit international dans la prestigieuse université de Columbia mais vit à Harlem depuis plusieurs années. Son bébé porte un petit badge « Obama ». « Il a de la chance, assure-t-elle, il n'aura connu l'administration Bush que six mois à peine. » Tous les deux étaient là aussi le soir du 4 novembre pour fêter l'élection de ce nouveau président. « Elai est petit mais j'ai pris beaucoup de photos pour qu'il se souvienne de ces moments. J'espère un jour lui dire : "Tu sais, c'était un jour historique, ce président était noir !" Et qu'il me réponde : "Non maman, c'est juste normal..." » La foule aussi est en majorité noire ici mais Harlem est devenu un quartier affectionné par les jeunes Blancs, les Asiatiques et les Latinos. Chacun ici assure être fier de la couleur de peau du nouveau président.
12 h 10 : Obama prête serment, la foule scande son nom, agite drapeaux et crécelles, prend des photos avec tout ce qui peut prendre des photos : appareils numériques, téléphones portables ou antiques Polaroïd.
Pourquoi avoir choisi de passer ce moment ici ? C'est Shade, une mère du quartier, qui le dit le mieux : « Parce que malgré ce qui se passe à Washington, c'est à Harlem que vous aurez le plus d'émotions. »

lundi 19 janvier 2009

6ème jour : De l'autre côté du Park

Quand on traverse Manhattan d'Est en Ouest depuis chez nous, en contournant dans Central Park le Jackie Kennedy Reservoir (oui, le lac où j'ai perdu un poumon en faisant du footing), on tombe dans l'Upper West Side. C'est aussi chic, très résidentiel. Il y a quelques lieux mythiques, comme le Dakota Building, genre de forteresse tristement célèbre pour avoir été le théâtre de la mort du plus grand musicien du XXème siècle ... non, pas Carlos, John Lennon.
Autre bâtiment qui en jette, le musée d'histoire naturelle.


A côté, celui de Paris ressemble à une MJC tchétchène. Là, les salles immenses se succèdent, dans les vitrines, des animaux empaillés, des maquettes grandeur nature, y compris celle d'une baleine, des écrans géants diffusent des documentaires animaliers, retracent la vie palpitante d'une pomme. On y passerait des jours entiers si les enfants du toute la ville ne de donnaient pas rendez vous ici tous les après midi pour faire un concours de décibels.

Les bons plans

  • Cafe Lalo : un genre de bistrot avec murs en briques et vieilles affiches. La carte propose des centaines de bonnes choses : salades copieuses, sandwiches avec du BON PAIN, pâtisseries excellentes, le tout à des prix très raisonnables. Les serveuses ont toutes un accent russe et une mini jupe, étrange mais sympa.

7ème jour : Harlem à la veille d'Obama

Aujourd'hui, tempête de neige, je suis allée à Harlem.
C'est seulement à quelques blocks au dessus de là où j'habite, mais l'ambiance est sensiblement différente. On passe des boutiques de fringues chics et de "low fat smoothies" aux boutiques de perruques et de rajout de cheveux. Aujourd'hui, beaucoup de commerces étaient fermés, on célébrait Martin Luther King. Nationalement, mais particulièrement dans ce quartier black. Demain, ce sera Obama. Un écran géant va être installé dès 8 heures du matin pour suivre la cérémonie, le discours et tout ce qui se passera à Washington depuis Harlem, où les scènes de liesse étaient particulièrement vibrantes le soir de l'élection.

L'un des endroits les plus connus est l'Appolo Theater. Dans les années 20, il était réservé à un public blanc. Mais au début des années 30, les Noirs y ont été admis, et même plus : les plus grands jazzmen noirs s'y sont produits et ont contribué à rendre le lieu mythique.



Plus à l'Ouest, on tombe sur l'Hudson River, en longeant la 12ème avenue (pas hyper accueillante à cet endroit là...). Elle est en train de dégeler ces jours-ci.

Ok, ce post n'est pas forcément la meilleure carte postale de New York mais je retourne à Harlem demain, et il est censé faire beau!

vendredi 16 janvier 2009

4ème jour : Epatant, ça continue de l'autre côté de la rivière!

11h30 : Petit brunch des familles avec Clémentine (mais si... mon amie qui est aux Etats Unis sauf que jusqu'à hier elle était en Californie et qu'elle vient seulement de rentrer.)
Ensuite, ballade à Soho : des rues à échelle plus parisienne (ah, ben enfin, on se sent chez soi!), des boutiques branchées et moins branchées (ici aussi, ils ont le bonheur de pouvoir aller trainer le vendredi après-midi chez Zara et H&M. So exotique pour nous...)

16h : changement de décor. On sort du métro à Hoyt - Shemerhorn Station (sympa à prononcer avec l'accent américain bourré de diphtongues). C'est populaire et très branché en même temps. Plein de jolies maisons vieillottes, des bars concentrés dans une ou deux rues, mais ça donne envie de creuser un peu plus. On passe récupérer les affaires de Clémentine chez son ami Denoal, qui vit dans une de ces maisons, jolie et vieillotte, avec un supplément souris qui se racontent des blagues pendant qu'on se lave les mains dans la salle de bain. La demeure est tenue par une certaine Mildred, 84 ans, qui est prête à vendre sa famille et à aller vivre dans la cave pour pouvoir louer toutes ses chambres. Elle a l'air d'être très bavarde et aurait plein de choses à raconter depuis l'année 1933 jusqu'à la vie palpitante de son père, professeur émérite d'économie à Harvard qui, toujours selon Mildred, aurait gagné à être plus connu vu que la crise, Lehmann Brothers, Freddy et Fanny, General Motors, le chômage, les hypothèques et tout ça, hé bien il avait tout prévu, il y a des dizaines d'années! Un visionnaire apparemment...


Les bons plans

  • EJ's Luncheonette : A l'angle de la 3ème Avenue et de la 73ème rue, un diner aux sièges en skaï turquoise et blancs, qui sert les classiques du genre, du porridge aux oeufs brouillés bacon en passant par les pancakes (servis par 3, de la taille de disque 33 tours mais beaucoup plus épais et meilleurs au goût) ou les burgers à multpiles étages. Comptez entre 10 et 15 $, tips inclus.

  • Urban Outfitters : 2081 Broadway, dans Soho. Un magasin tout en bois qui vend de jolis vêtements de djeunz, pas donnés mais bien coupés. Bonnes idées cadeaux aussi : petits livres marants genre "La liste de ce que les Blancs adorent" (les magasins bio, le Japon, allaer faire des études à l'étranger, avoir des amis gays...) ou de petits objets déco.

  • Le bar tabac : une touche de cocorico, à Brooklyn. Ce resto tenu par des Français est plutôt bon et pas hors de prix (entrés autour de 5 à 6$, plat entre 10 et 20$, bonne carte des vins). Sauf que les Français sont rentrés dans le système rentabilité à l'américaine, et que la denière bouchée avalée, l'addition est déjà sur la table. Il faut dire que la file d'attente pour dîner est bien longue et que les clients s'impatientent.

L'appart et les colocs (pour Marie-Hélène et ceux qui se demandent avec qui on habite, et vous êtes très nombreux, car nos vies sont palpitantes...

C'est vrai, j'aurais pu en parler plus tôt. Je loge chez Esmé, qui était mon ancienne coloc à Lille. Elle est américaine et fait des études de journalisme à Columbia (oui oui, comme la fille de Galina du vestaire du Whitney... vous suivez tout dites donc). Elle est très sympa, mais en ce moment elle est au Mali avec son père, jusqu'a demain.
Donc lorsque nous sommes arrivés au 417 East 89th Street, dans Upper East Side, ce sont ses deux colocs qui nous ont accueillis.

Il y a Jackie, une grande blonde avec un physique de sportive. Elle est très marante et friendly (comme beaucoup ici d'ailleurs). Elle est garden roof top designer. C'est une niche : en gros elle dessine des jardins pour les toits des immeubles aux Etats Unis. Elle a 26 ans et vit dans l'appart depuis plusieurs années déjà.
Le troisème, c'est Trevor, un petit musclé rasé de près avec un visage d'enfant. Il est dans l'immobilier et suit en parallèle des cours de finance. Il aurait bien voulu que McCain soit élu, rapport au fait qu'Obama veut augmenter les impôts et filer des dollars aux pauvres, mais finalement il se dit qu'il est pas mal ce nouveau président... Il est très sympa aussi.

L'appart est super. Très calme, clair, avec du parquet au sol. Les deux filles ont chacune une grande chambre, il y a un petit salon, il y en avait un autre, plus grand, qui a été coupé en deux dans le sens de la diagonale. L'une des moitiés est devenu la chambre aveugle de Trevor. L'autre moitié est une petite salle à manger (avec fenêtre du coup), très mignone.

Photos à venir.

jeudi 15 janvier 2009

3ème jour : Upper East Side, corner of 4th Avenue and Madoff

11h : sous la neige, j'attaque les beaux quartiers, direction le Whitney Museum. Une belle collection d'art contemporain, du cubisme à Rothko en passant par Hopper. Et puis, aussi, quatre aspirateurs Hoover dans une boite en verre, un peu moins facile d'accès comme oeuvre.
Avec le même billet (gratos, merci la carte de presse), on a accès aux expositions temporaires. En ce moment, Calder dans ses années parisiennes, des mobiles en fil de fer qui ressemblent à Joséphine Baker si on plisse les yeux.
Pour ceux qui détestent l'art contemporain, restez dehors et admirez le bâtiment. Une merveille de perspectives tout en béton, signée Marcel Breuer.























Au vestiaire, il y a Galina, une immigrée russe de 55 ans qui adore entendre parler français. Elle raconte que sa fille Valéria est à Sciences Po Paris pour un semestre. "On paie un loyer 900€ par mois pour son appartement à Paris. C'est très cher, mais lorsqu'elle est à son université américaine, Columbia, ça nous coûte 47 000$ par an, alors bon..."

15h : on change d'échelle, niveau argent : 50 milliards de dollars. Au 133 East 64th Street, à l'angle avec la 4ème avenue, des SUV s'alignent. Dedans, des types allongés dans leur voiture attendent, un sandwich à la main. Dehors, sur le trottoir, devant cet immeuble des beaux quartier et son portier, quelques caméras. Elles attendent que Bernie sorte. Mais Madoff a un bracelet électronique, et il n'a pas vraiment envie de répondre aux questions, au lendemain de la décision du tribunal de le laisser en liberté sous caution.



18h : l'écran plat géant de l'appart diffuse en boucle les images d'un avion immergé dans la rivière Hudson. Au décollage, un oiseau vient se perdre dans les réacteurs, l'avion se crash... mais aucun blessé. Dommage pour la photo, le temps de mettre des manteaux et de trouver l'endroit, l'avion était déjà remballé (trop forts les Américains! Ben oui parce qu'en France, on l'aurait gardé un quinquennat entier l'A320 dans la Seine! Et pourtant on paie des impôts madame! Ben oui, moi je travaille, ha elle est belle la France, tiens!)


Ha oui, dernier détail. Dans les beaux quartiers, c'est apparemment so chic de donner à son commerce un nom français.


Sauf que parfois, ça ne veut pas dire grand chose. On admirera cet original franglais... Mon préféré reste le confiseur "Vosges Haut Chocolat". Prononcez "vossgèsse" évidemment.

Les bons plans
  • American Eagle : Un genre de GAP en mieux et qui n'existe pas en France. Grand choix de jeans pas chers et bien coupés (bon, pas de chance en ce moment, la mode c'est les trous...). Il en existe trois à NY, dont un au 19, Union Square.

mercredi 14 janvier 2009

2ème jour : Pas mal avec de la lumière aussi...

On a perdu 5°C, mais ça vaut le coup : il fait tellement beau qu'on a l'impression de respirer une lumière propre.

8h45 : je m'extirpe du lit pour aller faire un jogging. Oui, parce que le deuxième symbole de la New Yorkaise d'emprunt, après le thermos Starbucks, c'est le jogging à Central Park. Donc comme il a l'air de faire plutôt froid, je me couvre. Double couche de jogging trop grands, Damart et sweat-shirt en polaire, j'enfonce un bonnet jusqu'en dessous de mes oreilles. On dirait un enfant leucémique à qui les médecins ont dit d'aller jouer dehors parce qu'il fait beau... Mais rien à faire, je suis pleine d'entrain, dans mon I-Pod, que de la bonne musique qui fait passer le thème de Rocky 2 pour une berceuse. Rien ne peut m'arrêter alors que je descends quatre à quatre les escaliers de l'immeuble. Je fonce dans la 89th street, direction le reservoir d'eau de Central Park. Premier bloc: easy, deuxième bloc: "hé, c'est quoi le tube d'air glacé dans mes poumons?" Arrivée au croisement avec Park Avenue, j'ai envie de pleurer. Mes poumons ont tellement froid qu'ils éternuent. J'ai les mains recroquevillées dans les manches du sweat en polaire (un enfant leucémique ET autiste).
Au moment où je commence à apercevoir les arbres, je tourne la tête vers la gauche. Le Guggenheim! Il a l'air tout petit, mais il est encore plus beau que ce que j'imaginais. J'entre dans Central Park. Oui, j'avais oublié de préciser que là, ça fait 4 blocs que j'ai arrêté de courrir. Mais le reservoir d'eau me motive à nouveau. Pas pour longtemps, j'alterne petite foulée et toute petite foulée. Pas grave, qu'est-ce que c'est beau ce poumon d'arbres nus au cœur des buildings!

15h : World Trade Center. Le ciel est tout bleu, il y a même des avions qui passent. Tout grouille à Ground Zero. Les grues, les gens. Un trou béant et des touristes qui prennent des photos rappellent le 11-Septembre, mais les photos sur la palissade gigantesque qui entoure le site nous font rêver en nous promettant une tour de la Liberté encore plus majestueuse pour 2011.
Pour le moment, seules les fondations existent, poutrelles de métal et béton armé. Pour les voir, on peut regarder par les petits trous de la pallissade, ou bien entrer dans le World Financial Center qui offre un point de vue un peu plus haut.

18h: il fait nuit et il faut remonter West Broadway. La nuit, les perspectives sont écrasées, mais les immeubles sont illuminés et se détachent mieux du ciel qu'en plein jour. On perçoit mieux la hauteur des buildings à cette heure-ci.

Les bons plans

  • Century 21 : au pied de là où étaient les deux tours, cet énorme magasin est un genre de Bon Marché en soldes permanents. On trouve toutes les marques, à des prix défiant toute concurrence. Très intéressant pour les marques hautes coutures (du Jean-Paul Gaultier ou du Dior à 300$ au lieu de 1 200$.

  • Amish Market : à l'angle de West Broadway et Park Place, pas loin de Ground Zero. Enorme cantine qui a du être tenue par des Amish un jour, mais maintenant il y a l'électricité, et probablement un peu de chauffage (enfin, en janvier on supporte un manteau). On trouve des sandwichs au pastrami, des pizzas végétariennes, des burgers aux boulettes de viande, mais aussi une grande section supermarché, avec tout ce qu'il faut pour grignotter pas cher et plutôt bon. Pour un repas après une journée sans avoir mangé, j'ai dépensé 12$. Mais avec un budget à 6$, on ne mourra pas de faim ici.

  • B&H : Si vous aimez la photo, l'image et le son, alors cet immense magasin à l'angle de la 34ème et de la 9ème avenue, c'est un mélange de Disneyland et du paradis. On trouve de tout, de la caméra dernier cri à l'ancêtre du Polaroïd. Les prix sont très abordables, surtout si on les compare à la France.

mardi 13 janvier 2009

1er jour : Hey, NY, on se connait non? Ah, non...

Lever : 7h30 du matin. Un réveil naturel, incroyable. On dirait que je grandis, que je muris, mes horaires sont réglés sur ceux du soleil... Mon grand père serait si fier. Ok, en fait, heure française, il est 14h, et ça me ressemble déjà un peu plus.

Un coup d'oeil dehors, depuis mon lit : un escalier de secours et des murs en briques. Such a cliché mais je souris: c'est exactement ce que je voulais voir.

Petit déjeuner à la "maison"... c'est quoi ce goût de canelle omniprésent?

10h : OUT!!!! Enfin! Il ne fait pas froid, cool pour les portiers qui sont légion dans Upper East Side (mais si, le quartier de tous les films dans lesquels Woody Allen se demande en se baladant dans les rues s'il est normal de rêver de sa mère déguisée en mouton, ou encore celui des filles riches et branchées de Gossip Girls.)

Un peu bizarre d'avoir attendu si longtemps de pouvoir voir ces immeubles, ces rues. J'ai presque l'impression d'y avoir déjà été.

12h : Je passe devant le Flatiron building, avant de reprendre le métro vers East River. Il y a des bateaux et des mouettes, des Français avec les mêmes envies que moi et mon Cartoville.
Vraiment, difficile de se sentir originale en arrivant dans une ville. Petite leçon d'humilité.

15h : Hier, dans l'avion, un gros Texan avec des pellicules plein son col pelle à tarte m'a demandé pourquoi les Parisiens étaient si désagréables. Dur de répondre ("I don't know, Sir, it is comme ça...") mais facile de repérer qu'ici, un commerçant parisien qui balancerait négligemment son jambon-beurre à 7€ dans la tronche d'un touriste passerait vite pour un sale con : tout le monde à NY est ultra prévenant, gentil, souriant, et même si c'est une façade, elle fait du bien. Donc, 15h : j'achète des gants, et la vendeuse me dit "darling" en retirant les étiquettes pour pas que ça me gratte les mains. J'ai la larme à l'oeil dites donc!

18h : pas encore tout compris à ce système de métro, j'ai mis une heure pour faire un trajet qui doit durer 28 minutes en temps normal.

Affalée sur le lit (ils sont tous à 4 mètres du sol ici ou c'est juste dans cet appart?), je me dis qu'il est 1h du matin dans mon organisme, mais envie de sortir à nouveau : concert de Moriarty au Joe's Pub, vers Astor Place.